Par les mots

 

 

Je te regarde par les mots

 

De brume d’été

Se fanent les éternités promises

 

À l’image des regrets suspendus

L’air léger s’alourdit de l’absence

Le panoramique perd ses couleurs

 

Tes yeux se font la malle

Je tombe en pluie depuis

Comme lâché dans un nuage

 

Aux heures de l’océan lunaire    ton rêve m’aspire

Technicolor sans corps

La nuit     la blanche brute    m’égorge

 

Le vent de mon orage    secoué

Des tranchées    les mots s’écroulent

L’éclipse semble éternelle

 

 

Pierre Vandel Joubert 2017

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Brest ( Région Centrale)

 
Longues années cette minute suspendue
 
Faire fantôme d’être
 
Le jugement des saisons est venu
je me régurgite à Brest
 
Du bout de la langue du bout de la terre
Du bout de mon doigt je t’ai touché tu es revenu
 
Ce pas falaise infranchissable noyer l’histoire
 
Je me régurgite
Entouré d’eau autour hanté
 
Je crame l’Autre au bout de l’Europe
 
Dans les nappes Brest de décibels je me régurgite
 
J’assomme et je me régurgite

 

 

 

Pierre Vandel Joubert 2017

Peau

 

 

 

ta peau soleil    enveloppe mes mots

exister ne plus exister      mettre le feu à la maison    partir

tuer les ressentiments     la vie recolle l’arbre

 

le départ explique le départ

et permettra  l’avenir

l’agneau    le lait       le miel

 

ma peau soleil enveloppe nos transhumances

le départ explique le départ

et permettra nos corps

 

 

Pierre Vandel Joubert 2017

Le message des rois morts

 

Sur le champ de bataille

Ne reste que les ajoncs des temps maudits

 

 

La poussière des vies

Les tâches de feu sur ton front

Tes bras encerclent la nuit

 

Dieux absents

Les rois sont morts sur le champ de bataille

 

 

Le corbeau au dessus du fleuve

Le message des rois morts à tire-d’aile

Vers le nord avant la nuit

 

Le sang  les tâches de sang

La poussière dans l’orage

Ton corps déboite le vide

 

Le corbeau au-dessus du fleuve

Le message au-dessus du fleuve

 

Vers le nord avant la nuit

 

Tu es le message au-dessus du fleuve

Le message des rois morts

 

 

 

 

Pierre Vandel Joubert 2017

 

Muse

 

Comme le venin va le venin nous attire
L’âme incertaine jetée sur nos épaules

 

Rien ne dessine   rien n’écrit   c’est sec

 

L’ivresse du saut dans l’océan du soir

 

Page blanche   chienne des heures maudites
Dans la chambre   obscur   le corps posé

 

Puis vient ce temps qui n’existe plus

Tes yeux rêvés sont de lumineux échouages
Sonne l’écho de ton immatérielle présence

Par ce souvenir j’écris un mot      des mots

 

Muse     irrésistible drogue 

Nus   nos os contre l’os de la nuit

Nus nous sommes   nus nous

Nos mains brûlées se reconstruisent avec l’encre

 

 

 

C’est une promesse        nos peines proscrites

 

Les nuits blanches nous offrent l’éternité

 

 

Pierre Vandel Joubert 2017

Doppelgänger

À Pierre Blaise

 

 

C’est une nuit en hante rêve

Là que je t’ai vu ton spectre

Les arbres t’entouraient de fleurs

 

Ta main se tend Doppelgänger

À travers ta bouche Doppelgänger

 

Tu es si près    ton visage

C’est une nuit d’un cri devant la glace

Une nuit où les bateaux ont quitté le port

 

 

Tu es resté sur le quai – Pourquoi ?

 

 

Mes yeux dans tes yeux Doppelgänger

Je meurs de toi Doppelgänger

 

 

Se voir en silence

Et remettre son col droit

Fermer la porte

 

C’est un matin tout blanc

Les trompettes d’or sonnent

Ta venue Doppelgänger

 

 

Pierre Vandel Joubert 2017

 

 

Endless Blue

 

“Endless Blue”

Je te regarde voler les sons et les paroles venin venu des muses en nuits diffuses errements des vides de paroles face à l’autre instinct aux aguets trop marqués

« Endless Blue »

Je te regarde écrire avec ton sang  courir sur la crête  du genre  les mains signes – doutes sur les pages – comme autant d’éclats gourmands  vérités qui font la joie et la peine un arrachement du sens

« Endless Blue »

Je te regarde emmurer les mots sur les pages les soumettre à la Question  les tordre   détruire  détruire le Verbe dérouiller la chaire et gratter l’os  un festin païen  le meurtre bien senti de la langue

« Endless Blue »

Je te regarde dormir en parlant dans la nuit – des lucioles des bribes des chagrins enfouis –  dans cet espace interdit  je pose ma main sur ton épaule – vibrations infinies  ton corps en gisant – ça gueule ça hurle dans cette immense usine du repos ça travaille ça trie ça prépare les mots qui  se frappent et s’étalent d’évidence muette sur du blanc – bien après le réveil – quand tu es attablée dans l’après nuit matin midi

 

«  Endless Blue »   ta nuit dérive  et s’écrit sans cesse

 

 

Pierre Vandel Joubert 2017