fantômes

doutes blancs. .. fantômes de la chambre… souvenirs d’errances ou de vies fantastiques… le théâtre de mon sommeil absent

la nuit ne s’éteint plus
comme la fusion au cœur du réacteur
la nuit m’étreint blanche
je vois passer le jour d’après
les yeux grands ouverts
je vois l’assassinat du jour d’avant chaque nuit

dans la cendre.. un oubli… la peau du temps… une tristesse valeureuse

Pierre Vandel Joubert 2019

retour

de retour après un siècle
dans ces moments là
l’éternité se tient droite au bar

les rêves éveillés sont mes idoles
d’un détour la joie immense
s’éternise autour des mots volants

colore moi
colore moi mon amour
bois mon corps

Pierre Vandel Joubert 2019

Le pont

la nuit s’ébruite un peu
le vent est doux dédale
en traversant le pont
se tendre comme les filins en acier

le fleuve en dessous s’étire

je ne peux plus me souvenir
de ton rire lancé par dessus la balustrade

j’ai laissé l’image
je suis dans un scaphandre
isolé des rêves

la nuit coure sans couvrir
le vent se vide percé
en traversant le pont
se tendre comme les filins en acier

je me demande
« J’ai laissé ton image avant de passer sur l’autre rive ? »

le fleuve t’emporte

Pierre Vandel Joubert 2019

Nuage

L’illusion du nuage
Je suis descendu bas et beau
Imperceptible
Égaré au vent trouble

La rue en pente
Je route vers Belleville
Dans mon incertaine
Je reprends la montée

Je suis tout au temps
Celui qui dit que je vais mourir

Pierre Vandel Joubert 2019

Rue de la Mare

rue de la Mare
pente fragile dans les lumières

rejoindre l’alcool
si doux le règne de l’oubli
d’un amour si doux
de la peur du noir
au bar sans condition
mes membres agitent
les monuments fragiles
les moments importants

de ma guerre
” Ils sont tous morts”
là-bas
” Ils sont tous morts”
là-bas

Pierre Vandel Joubert 2019

Remonter

je suis revenu dans la maison

laisser remonter
le corps à la surface
les temps se tendent
de bois durs

remonter à la surface

les vents périssent
des choix trop sûr
on se donne alors
au plus offrant

du fond
on ignore les faiblesses

les murmures en parpaing
se glissent dans la mémoire

les images incertaines
des ombres aquatiques
enchantent le souvenir

du fond
on s’ignore en faiblesse

dans la maison vide
la pénombre accentue
les rides du corps

je suis revenu
à travers les bleus de l’eau

remonter à la surface

Pierre Vandel Joubert 2019