je me souviens

je me souviens d’une soirée
les filles étaient couchées
je me souviens du départ
sans avoir pris les clefs
je me souviens d’un appel
téléphone pour dire
pour rien que nous ne serons plus jamais
ensemble
je ne me souviens de rien
je ne veux plus me souvenir
l’ivresse chaque jour
comble les temps sans adresse
je me souviens du jour
de mon frère
rien ne se fera en dehors de nos friches
un temps isolé
je te demande pardon
je ne me souviens de rien
j’ai trop mangé de ta jeunesse
je ne me souviens de rien
je ne veux plus me souvenir

Pierre Vandel Joubert 2018

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Lotissement

sous mon manteau de songes
je tente la pluie pour vivre
cousu de courses perdues
mon écorse comme seule présence

j’ai quitté le lotissement

il y a bien longtemps
vaincre le monde
j’ai beaucoup couru
bagarré comme le chien enragé

j’ai tenté le royaume
des miroirs
mais j’étais du lotissement

j’en avais l’odeur
celle du pauvre

les lumières de la ville
l’or des cheveux
les plaisirs si lointains

je n’en serai jamais
je pue l’ivresse
les aisselles
et le lotissement

Pierre Vandel Joubert 2018

D’une rive à l’autre

 

pensées sauvages
pour un pays sauvage
dans ce passé frontière
d’un monde isolé

j’ai touché tous les murs
de ton espace clos

à portée de doigts
je me rappelle
les nuits putrides passées
sous ton horloge

ce lieu fût une ambassade
en pays hostile
celle d’une folle absence

j’ai dessiné des fenêtres
pour ne ne pas couler
voir les couleurs d’une rive

sur le toit de l’âme

un dernier hélicoptère
la fuite
sauver ce qui reste
je pars

je suis parti

 

 

 

Pierre Vandel Joubert – Paris 13 – 11/2015 – 09/2018

Genève Pâquis

 

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sur le Léman la tempête

le vent joue des os

du lac monte une mélodie

invoque par les mâts des bateaux

le frisson des géants

Shelley et Byron

 

mes mains autour d’un café

réfugié aux bains des Pâquis

trouvent difficilement un chemin

pas à pas mes mots tentent une ascension veine

inscrit sur la rambarde en rouge

“la poésie sauvera le monde”

 

 

 

Pierre Vandel Joubert
Genève lundi 24 septembre 2018

Clous

 

 

puisque je pars de l’ancien monde
nous serons d’autres
épuisés du jugement
un changement de tribu
ailleurs je te tiendrai dans mes bras
la vie possible
mes mains donneront des clous
pour construire un abri

de ton âme je recevrai l’eau
nous foulerons la terre

et je te cueillerai airelle des bois

 

 

Pierre Vandel Joubert 2018