Demain ferme !

“Demain ferme !”

l’air de rien

je m’éteins

dans l’égarement des villes

mon silencieux paysage

s’égorge de désirs

mes yeux d’un reflet clouent le visage sur la fenêtre

” ce n’est que ça ta vie”

dans les grandes villes

je passe

je passe

“demain ferme !”

l’air du vide est une danse qui clos mes derniers pas

on se retrouve à terre

pour moins que ça

un cliché après tout

ce n’est rien

je passe je passe

l’air de rien

ce n’est rien

il y aura toutes ces fêtes

il y aura toutes ces illusions

“demain ferme !”

et reprendra possession

Pierre Vandel Joubert 2021

Soir

j’ai vu l’alcool resplendissant vainqueur

l’étoile qui me dépassait si loin

allumer des nuits de service

pour la communauté des pendus

un soir comme d’autres dimanches

je t’ai vu mon adorée lever le drapeau

l’orage éclatant

Pierre Vandel Joubert 2021

Scaphandrier

l’élégance du temps se perd

nous vivons sous les paravents

présence fictive de la langue

la peur sans la peau mes rides comme celles des arbres

autour de la bouche ont disparu

ton sourire désormais absent

je te regarde dans la rue ou dans le métro

tu te déplaces avec la lourdeur du scaphandrier

inaccessible surface du jour les paroles filtrées par les fibres

n’ont plus le goût sauvage

elles se cachent et dépérissent

parler sans voir tes lèvres

est une torture insidieuse

qui tue mon profond moi

je ne suis plus qu’un fantôme

la peur sans la peau

Pierre Vandel Joubert 2021

fantômes

doutes blancs. .. fantômes de la chambre… souvenirs d’errances ou de vies fantastiques… le théâtre de mon sommeil absent

la nuit ne s’éteint plus
comme la fusion au cœur du réacteur
la nuit m’étreint blanche
je vois passer le jour d’après
les yeux grands ouverts
je vois l’assassinat du jour d’avant chaque nuit

dans la cendre.. un oubli… la peau du temps… une tristesse valeureuse

Pierre Vandel Joubert 2019

retour

de retour après un siècle
dans ces moments là
l’éternité se tient droite au bar

les rêves éveillés sont mes idoles
d’un détour la joie immense
s’éternise autour des mots volants

colore moi
colore moi mon amour
bois mon corps

Pierre Vandel Joubert 2019

Le pont

la nuit s’ébruite un peu
le vent est doux dédale
en traversant le pont
se tendre comme les filins en acier

le fleuve en dessous s’étire

je ne peux plus me souvenir
de ton rire lancé par dessus la balustrade

j’ai laissé l’image
je suis dans un scaphandre
isolé des rêves

la nuit coure sans couvrir
le vent se vide percé
en traversant le pont
se tendre comme les filins en acier

je me demande
« J’ai laissé ton image avant de passer sur l’autre rive ? »

le fleuve t’emporte

Pierre Vandel Joubert 2019

Nuage

L’illusion du nuage
Je suis descendu bas et beau
Imperceptible
Égaré au vent trouble

La rue en pente
Je route vers Belleville
Dans mon incertaine
Je reprends la montée

Je suis tout au temps
Celui qui dit que je vais mourir

Pierre Vandel Joubert 2019